dans ce vaste monde
il est un bout de jardin
clair comme l'aurore
rouge comme l'été
frais comme un soir d'hiver
bleu comme le duvet
d'un oisillon au printemps
vrai
comme la feuille tombée
de l'aulne à la rivière
et sur ton ombre projetée
je dessinerai mes rêves
tant pis s'ils ne sont pas à vendre
tant mieux si tu ne les achète pas
tant pis s'ils ne comptent pas
plus que cette goutte de rosée
qui meurt sur son cercueil
de soleil
tant mieux si tu te réjouis
et souris
Véronique dite Callivero
par Véronique Grausseau
publié dans :
poème illustré
14
recommander
entre ton corps et rien
je glisserai ma main
tremblante écorce
entre ton corps et rien
se glissent des oublis
des silences et des mots
parfois lourds comme plomb
et parfois si légers
entre ton corps et rien
se glisse l'innocence
la folie les étoiles
les larmes et le sexe
entre ton corps et rien
se glissent nos fantômes
les misères futures
les coeurs abandonnés
les marques et les empreintes
entre ton corps et rien
se glisse
notre espace
immense comme le ciel
et infiniment bon
entre ton corps et rien
se glisse notre enfance
ses jeux et ses envies
et des regrets sans fin
entre ton corps et rien
se glissera la vie
fêlée comme le verre
reflet de nos esprits
entre ton corps et rien
quelques matins
quelques nuits
entre ton corps et rien
du vent
de l'air
de la poussière
entre ton corps et rien
quelque chose qui tient
debout
d'espoir
et de mystère
par Véronique Grausseau
publié dans :
poème illustré
8
recommander

parfois
quelques soleils et planètes
se sentant à l'étroit dans l'espace
se glissent subrepticement
au coeur des galaxies
franchissent les murs de soie
du son
de l'autre
et atterrissent brutalement sur la terre
dont ils rêvaient
cela donne souvent lieu
à de grosses déformations
démonstrations
transformations
mais au fond
de tels
accidents de soleils
sont très rares
d'ailleurs
les chercheurs
s'interrogent encore
sur leur signification
pourquoi
tout ce remue-ménage ?
pour un si
joli
ciel bleu
par Véronique Grausseau
publié dans :
poème illustré
5
recommander
I was waiting for you
when a deep
and round sound
came into my ears
it was the tears
of the mankind
the sick
and gigantic
clamour of suffering
which swept
everything away
it was our last way
it was the last wave
par Callivero
publié dans :
poème illustré
2
recommander
l'enfant a déployé ses ailes
au sommet d'une montagne
plus noire que l'ennui
ses cicatrices
avaient disparu
les griffes de l'aigle
retenaient
avec douceur
son corps fragile
comme du verre
au bord du gouffre
l'enfant se lança
dans le vide
surfa
un instant
sur une vague fragile
comme du vent
prit son envol
des plumes d'amour
collées à son sourire
éberlué
l'oiseau l'accompagna un instant
pour regagner son nid
quelques rémiges disparues
la grâce
et la bonté
en plus
par Callivero
publié dans :
poème illustré
4
recommander

au printemps
vingt et cent colombes
sortent de leur cercueil
en roulant des oeufs
d'or et d'argent
après les pluies et les grêles
les enfants
amassent les chocolats
comme un trésor
oublient les jeux brûlants
cassent les rêves d'antan
gravement
ils sucent leurs doigts
fondant
les yeux étreints
d'une soudaine vision
celle d'un espace
clair
vert
et blanc
couleur du ciel
couleur du vent
dame nature
leur glisse une blague à l'oreille
les enfants
soudainement se lèvent
et courrent
courrent à perdre haleine
dans les champs
mais quand dans les cités
l'espace est rétréci
sous leurs cris
pleins de vie
par quelque politicien savant
qui prétend
arrêter de jeter les oeufs par les fenêtres
ils se cognent
cognent
cognent contre les murs
les gens
appellent la police
pour que le vacarme cesse
et toutes les colombes retournent à leur cercueil
en pleurant.
par Callivero
publié dans :
poème illustré
1
recommander
sur un arc-en-ciel
se goûte le miel
du soleil
et dans ses couleurs
se lavent nos coeurs
de toute poussière
de toute manière
de toute colère
prisme matinal
dessin idéal
la terre sans pareil
semblable au buvard
absorbe la pluie
et les grêles
le vent dans les feuilles
souffle juste un mot
Silence
et nous écoutons
l'Absence
par Callivero
publié dans :
poème illustré
1
recommander
elle avait dessiné sur ton coeur
comme sur la buée d'un verre fumé
elle avait dessiné
des chevaux animés de troublants soubresauts
des rires qui cascadaient vraiment
de bas en haut
des perles d'océan qui descendaient des yeux d'amis
animaux
des charretés de fleurs rares de chair
rose et parfumée
d'encombrants oublis posés au long des murs
en attendant que les ordures passent
des prés identifiés comme bons pour le blé
poussant vers le ciel le bleu de l'horizon
elle avait dessiné
l'enfant que tu étais
bébé qui se berçait
des chansons de lait
la bouche ourlée de principal
souriant aux éclats
éberlué
par la voix de maman
absorbé
l'espace d'un instant
par Callivero
publié dans :
poème illustré
0
recommander
calins ce sont ces singes qui signent
de leurs doigts enfantins et malins
le long silence de nos matins d'automne
un océan de sirène chavire
par-dessus les tables des écoles
des nuages pleins d'âmes les survolent
les sages pantins tendent leurs mains
happés ils sont
petites choses
et se déforment
au loin
au loin
par Callivero
publié dans :
poème illustré
1
recommander

je suis le fantôme d'un ange
d'où viens-tu ?
de ton esprit
où vas-tu ?
dans ton imagination
quand reviendras-tu ?
lorsque le ciel et la lumière auront
rejoint ton horizon
crevant ton coeur et tes yeux
d'une inspiration :
aimer
par Callivero
publié dans :
poème illustré
2
recommander