Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 09:59

P1240003

 

 

La manière dont ce bourdon s'est invité m'engage à penser que sans doute il s'ennuyait dans un coin de notre mémoire depuis trop longtemps.
Tout de même, il aurait pu prendre d'autres gants que ces moufles énormes et ridicules, en fer blanc, et revêtir un autre habit que cette espèce de boîte de conserve.
Nous aurions pu (s'il s'était annoncé auparavant)lui confectionner une bille de clown avec un sac en ivoire plein de mille ressorts pour jouer et un cent de blagues vertigineuses.

Ou bien encore, un habit acidulé de bonbons et de boules de gommes qui aurait embaumé jusques aux confins de notre amer hic et l'aurait transformé en quelques hoquets de rires.

Au lieu de cela, il s'approche, humble, mais plein de tics, modeste, mais irrévérencieux, et nous lance cette espèce de fruit pourri et nauséabond à la gueule, d'un air de dire : "je vous ai eu quand même" et s'en va, bondissant de fleur en fleur, avec un sourire narquois, pour bien enfoncer son clou, qui n'est pas de girofle, et signifier à l'humanité entière que le miel, c'est simple pour les bourdons, et pas notre essentiel, à nous.

 

 

Par Callivero - Publié dans : poème illustré - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés